Il ne vous aura pas échappé que les marques chinoises déferlent actuellement sur le Vieux Continent. Or, ce SUV hybride à prix plancher semble avoir tous les arguments pour s’imposer durablement sur notre marché et prétendre au statut de “Chery on the cake“ de la production automobile asiatique importée en France.
Chery : un mastodonte en approche
Pour mon premier essai pour TEST E CAR, j’ai opté pour une première… en l’occurrence le premier véhicule de la marque Chery importé en France. Chery, pour les profanes, c’est un constructeur chinois, fondé en 1997, qui est devenu en moins de trois décennies un véritable mastodonte de l’industrie automobile mondiale.
Imaginez : le groupe a déjà écoulé plus de 18 millions de voitures sur 120 marchés. Et il est surtout réputé pour être le premier exportateur chinois depuis près d’un quart de siècle. Il compte une dizaine de marques dans son portefeuille, dont Omoda & Jaecoo qui fait une entrée fracassante sur le marché européen.
Cette fois, c’est donc au tour de la marque Chery, en son nom propre, d’apparaître en France. Et il y a de quoi redouter un certain raz-de-marée quand on sait qu’elle ambitionne de vendre, à elle seule, 1 million de véhicules en 2026 et d’ouvrir 35 nouveaux marchés. La France compte déjà 56 points de vente. On devrait en dénombrer 90 d’ici la fin de l’année.

Une gamme qui s’enrichit vite et un style qui ne dénote pas
À l’approche du Mondial de l’Auto, Chery débarque donc avec deux SUV à destination des familles. Le Tiggo 7 hybride, présenté ici, et le Tiggo 8 hybride rechargeable, un peu plus grand et doté de 7 places. À noter qu’un Tiggo 4, encore plus attractif et ciblant directement le Dacia Duster, tiendra la vedette sur le stand du constructeur à Paris.
Avec 4,55 m de long pour 1,86 m de large et 1,69 m de haut (empattement 2,67 m). Le Tiggo 7 adopte sensiblement les mêmes côtes que le Peugeot 3008. Côté style, il ne révolutionne pas le genre. C’est du classique avec, pour éléments distinctifs, une calandre un brin clinquante, un jonc chromé courant sur toute la partie vitrée, un décroché au niveau de la custode et un original becquet de toit surplombant une poupe assez massive.
Les signatures lumineuses à LED sont distinctives et les jantes de 18 pouces au profil très aérodynamique aussi sympas à regarder que faciles à nettoyer.

Un coffre (légèrement) sacrifié au bénéfice de l’habitacle
On découvre l’intérieur en commençant par le coffre et bonne nouvelle : le hayon est motorisé, de série s’il vous plaît. Au menu : 484 litres à disposition. C’est clairement moins bien que la plupart de ses rivaux : 40 litres de moins qu’à bord de la Peugeot 3008, par exemple, mais en rabattant la banquette arrière, on obtient un plancher quasiment plat et le volume grimpe alors à 1 500 litres. Ce qui est correct pour la catégorie.
À l’arrière, l’habitabilité s’avère somptuaire en garde-toit comme au niveau des genoux. On comprend alors que les concepteurs du Tiggo 7 ont privilégié le confort des passagers à celui des bagages… et on ne leur en voudra pas. En l’absence de tunnel de servitude, la place centrale se révèle accueillante. Elle masque un accoudoir intégrant deux porte-gobelets.
On bénéficie également de prises USB et on est agréablement surpris par la qualité des matériaux utilisés pour habiller les contre-portes. Comme à l’avant, on y trouve un insert imitant le carbone et une pièce de plastique strié qui ne manque pas de cachet.

Un habitacle bien pensé et bien fabriqué
À l’ouverture de la portière conducteur, le siège coulisse automatiquement vers l’arrière pour en faciliter l’accès. Le ton est donné. Cette Chery a le sens de l’accueil. Autre attention notoire : l’accès et le démarrage s’effectuent avec la clé dans la poche, comme chez Renault, par exemple.
À défaut d’être particulièrement original, le mobilier intérieur est plaisant à regarder. Les deux écrans à l’horizontale s’avèrent clairement plus élégants qu’un énième maxi écran central à la verticale. On ne s’attendait pas à ça de la part d’une marque estampillée lowcost. La planche de bord reçoit des plastiques moussés tandis qu’un insert imitation carbone court sur toute sa largeur.
Pragmatique, le Tiggo 7 hérite même de touches physiques pour la climatisation et d’une commande activant la fermeture du hayon à distance. Un petit tour par l’écran d’info-divertissement permet d’apprécier sa simplicité d’usage.
On ne se perd pas dans les menus et on accède facilement aux assistances à la conduite pour mettre en veille celles qui vous semblent trop intrusives. Apple CarPlay et Android Auto sans fil sont, bien sûr, de la partie, ainsi qu’un chargeur 50 W à induction ventilé et deux prises USB. Quant aux espaces de rangement, ils sont vastes et nombreux : sous l’accoudoir, via une boîte réfrigérée, sous la console centrale et dans les bacs de porte.
À noter que dès la finition Unique, 2000 € plus chère que la version Comfort de base, le Tiggo 7 se pare de sièges avant ventilés et réglables électriquement, d’un toit ouvrant panoramique, d’un système audio Sony à 8HP et de la caméra à 540° pour maîtriser chacune de vos manœuvres en ville. Bref, c’est riche pour de la voiture dite populaire.
Allez, on part rouler…




Un système hybride intelligent et vertueux
Commençons par un focus sur la motorisation de ce Tiggo 7. Il s’agit ici d’une version full hybride non rechargeable qui reprend la technologie découverte récemment chez Jaecoo. Le système développe la puissance combinée de 224 ch via un moteur 1.5-litre essence associé à un moteur électrique synchrone à aimant permanent, relié à une petite batterie de 1,83 kWh. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, comment ça se passe ?
Jusqu’à 40 km/h, en ville ou en conduite cool, seul le moteur électrique est sollicité.
Entre 40 et 60 km/h, le quatre-cylindres se met en route pour entretenir la charge de la batterie et prolonger le déplacement en électrique. Au-delà de 60 km/h et à chaque sollicitation soutenue de la pédale d’accélérateur, les moteurs thermique et électrique bossent en parallèle. Tandis qu’à chaque lever de pied, de freinage ou de descente, la batterie en profite pour se recharger.
À l’usage, le système s’avère plutôt vertueux… et ce d’autant qu’il est possible de gérer la charge de la batterie en fonction de son parcours : opter pour le 100% électrique le plus souvent possible au quotidien ou maintenir un bon niveau de charge à l’approche d’une périphérie urbaine à l’issue d’un trajet plus long.
Au final, nous avons relevé une consommation moyenne de 5,7 l/100 km durant l’essai, soit la consommation officielle annoncée par Chery. Il revendique ainsi près de 880 kilomètres d’autonomie. En dépit de ses rejets de CO2 contenus (129 g/km), le Tiggo 7 doit malheureusement s’acquitter d’un malus écologique de 930 € à l’achat.

Un comportement sans fard, mais sans stress
Grâce à sa plateforme partagée avec les productions Omoda et Jaecoo, le SUV Chery affiche un comportement serein, une tenue de cap rassurante et des performances suffisantes. Le chinois met en confiance. Il abat le 0 à 100 km/h en 8,7 sec. et atteint 175 km/h en vitesse maxi. Sa direction un peu collante génère une impression de lourdeur et la pédale de frein se montre un brin spongieuse en attaque. Rien de rédhibitoire en soi et sûrement pas de quoi perturber cette familiale conçue pour les courts comme les longs déplacements.
Typé confort de manière générale, l’amortissement a cependant tendance à trépider sur les irrégularités abordées à basse vitesse et le niveau sonore demeure assez élevé à vitesse de croisière sur autoroute, notamment en raison de bruits aérodynamiques en provenance des rétroviseurs. À la page, le Tiggo 7 dispose de 20 assistances à la conduite dont un régulateur de vitesse adaptatif, le système de détection des angles morts ou l’alerte d’ouverture des portières.
Mention spéciale à l’aide au maintien dans la voie dont les interventions mesurées n’altèrent pas le plaisir de conduite. Enfin, ce Chery a obtenu la note maximale de 5 étoiles lors des crash-tests réalisés en 2025 par l’EuroNCAP… preuve que la question de la sécurité n’a pas été négligée par ce nouvel arrivant qui a tout à prouver.

Simplement la meilleure affaire du moment
Il est temps, à présent, d’aborder la question financière. Et dans le cas du Chery Tiggo 7, elle est cruciale car la marque a vocation à faire trembler le constructeur passé maître dans l’art de l’essentiel au juste prix. À savoir : Dacia.
Vendu moins de 27 000 €, le SUV chinois coûte entre 10 000 € et 15 000 € de moins que ses rivaux issus des marques généralistes tels les Renault Austral, Hyundai Tucson ou Peugeot 3008 déjà cités. Même la MG EHS, une autre chinoise au rapport prix/prestation canon, ne peut rivaliser… puisqu’elle exige 5 000 € de plus, environ, à prestations similaires.
Bref, le seul véritable concurrent du Tiggo 7 côté tarif, c’est le Dacia Bigster. Mais le SUV du groupe Renault est loin d’offrir le niveau de prestations du Chery qui est, en outre, garanti 7 ans ou 150 000 kilomètres.

En résumé
Dans le sillage des alléchants modèles Omoda et Jaecoo, la marque Chery débarque en France avec ce SUV hybride polyvalent, habitable, convivial, bien fabriqué, bien conçu, économique à l’usage et au rapport prix/prestations proprement imbattable. Autant dire qu’il va falloir compter avec lui.
Chery Tiggo 7 :
À partir de 26 990 €.
Malus : 930 €.
Puissance : 224 ch.
0 à 100 km/h : 8,7 sec.
Vmax : 175 km/h.
Conso. mixte : 5,7 l/100 km.
CO2 : 129 g/km
