Audi restyle discrètement son Q4 e-tron pour ne pas perdre de terrain face à une concurrence de plus en plus affûtée.
Si l’esthétique de ce SUV évolue par petites touches, ses entrailles sont, en revanche, profondément mises à jour, avec pour principal objectif l’amélioration de l’efficience et… de l’autonomie, qui reste le nerf de la guerre pour ces véhicules à vocation routière.
Les anneaux se rebiffent
Apparu en 2021, le Q4 e-tron est l’Audi électrique la plus vendue en France. Son design et ses anneaux floqués sur la calandre y sont sûrement pour beaucoup.
Ce restylage à mi-carrière était attendue… et souhaité. En effet, les choses évoluent tellement vite dans le domaine de l’électrique qu’il est nécessaire pour les constructeurs historiques de réagir du tac au tac face à l’avalanche de nouveautés “zéro émission“. Offrant, pour la plupart, de solides prestations.
Heureusement pour Audi, le groupe Volkswagen dispose d’une plateforme dédiée aux automobiles électriques particulièrement bien née. Un réel avantage au moment de la remise à niveau.


Une voiture bien née qui s’améliore avec le temps
La plateforme MEB partagée avec Volkswagen, Skoda et Cupra offre plusieurs avantages. Pas de tunnel central, ce qui facilite grandement l’utilisation de la banquette arrière par un troisième passager (attention, dans ce cas, il faut un peu jouer des coudes). Même si les dimensions intérieures généreuses offrent à ce Q4 une habitabilité proche du Q5.
La batterie est toujours logée dans le plancher et si sa puissance brute de 82 kWh n’évolue pas (une batterie de 63 kWh est toujours disponible en version d’entrée de gamme avec un moteur de 204 ch), le nouveau moteur électrique situé sur l’essieu arrière se veut plus économe en énergie.


Un habitacle revu pour plus de standing
L’habitacle est modernisé et reçoit la planche de bord déjà vue sur les Audi A5 et A6. L’ensemble se compose d’un combiné d’instrumentation bien lisible de 11,9 pouces, d’un écran central au fonctionnement fluide de 12,8 pouces. Tandis que le passager peut disposer en option (800 €) d’un moniteur de 12 pouces pour intervenir sur la navigation, modifier la sélection musicale ou regarder un film sans que le conducteur puisse le voir. On attendait beaucoup de ce nouveau Q4 en matière de qualité perçue.
Les plastiques fades de l’ancienne génération laissent place à un revêtement plus valorisant, en dépit de la présence de quelques matériaux durs dans la partie basse de la planche de bord. La position de conduite (avec les sièges sport de la finition S-Line) est juste parfaite, les multiples réglages manuels permettant de trouver la hauteur et l’inclinaison idéales.
Alors oui, les sièges pourraient être électriques en série. Chez Audi, il faut débourser 1 000 €. Autre point positif : l’ensemble multimédia se révèle très intuitif et les raccourcis font gagner un temps précieux. On peut, par exemple, paramétrer rapidement les aides à la conduite.



Un châssis dynamique et confortable
Grâce au bon emplacement des batteries dans le plancher, la propulsion aux anneaux jouit d’un bel équilibre, fruit d’un centre de gravité rabaissé.
Notre exemplaire d’essai disposait, en outre, de la suspension sport (non pilotée) et d’une direction à démultiplication variable livrée dans le Pack Dynamique, facturé 550 €. Cette combinaison ajoute de l’agilité à l’ensemble avec des mouvements de caisse bien maîtrisés et une direction plus directe.
Les roues de 20 pouces, ici présentes, auraient pu laisser craindre un confort ferme. En fait, il n’en est rien. Seules quelques petites trépidations remontent dans l’habitacle à basse vitesse. Mais dès que le rythme augmente, les irrégularités de la route sont efficacement absorbées.
Pour les conducteurs particulièrement sensibles au confort d’amortissement, une suspension pilotée est disponible moyennant 1 350 €, mais elle n’apparaît pas indispensable au vu des bonnes prestations de l’ensemble testé.
Audi a également pensé à ses clients historiques, restés fans du système de transmission intégrale Quattro. Pour cela, il faut opter pour la version supérieure développant 340 ch avec l’ajout d’un moteur sur l’essieu avant, et disponible à partir de 61 990 €…


Un potentiel de recharge encore un peu juste
Autre évolution technique notable, la vitesse de charge sur borne rapide évolue dans le bon sens puisqu’elle passe de 135 kW à 165 kW, afin de réduire légèrement la durée des arrêts en station et ainsi passer de 10 à 80 % en 29 minutes.
Chez ses concurrents directs comme le Peugeot E-3008, ce n’est pas mieux (160 kW). En revanche, le XPENG G6, dont la capacité de charge culmine à 451 kW, peut effectuer la même charge que l’Audi en 12 minutes seulement, si la borne délivre au minimum 350 kW… imbattable.

Des consommations raisonnables
Grâce à la progression du rendement de son moteur électrique, le nouveau Q4 se veut moins énergivore que par le passé. Si le constructeur annonce une consommation moyenne variant de 15,6 à 16,9 kWh/100 km, selon les équipements et la norme WLTP, nous avons relevé une moyenne de 16,2 kWh sur plus de 400 km.
Ce qui permet de tutoyer les 500 km d’autonomie réelle. C’est 50 km de plus comparé à l’ancienne version et cela en dit long sur la volonté d’Audi d’améliorer au plus vite sa technologie pour faire face à la concurrence, chinoise principalement.


Des prix à géométrie variable
Audi fait le bon choix de proposer les deux carrosseries du Q4 au même tarif. Disponible à partir de 45 990 € avec le moteur de 204 ch et la petite batterie de 63 kWh, le SUV Audi nous a surtout séduits dans cette version Performance (286 ch, batterie 82 kWh) 1 000 € plus chère seulement… et toujours éligible au bonus écologique.
De plus, son label éco-score, obtenu en juillet dernier, ouvre aux clients professionnels la possibilité d’un abattement de 70 % de l’avantage en nature (plafonné à 4 641 €). Certes, à ce tarif, vous ne disposez pas de tout l’équipement de notre modèle d’essai, affiché lui à 73 340 €, mais vous disposez cependant d’un excellent véhicule électrique, et de fabrication européenne pour ceux pour qui cela a encore un sens.


En résumé
La mise à jour du Q4 e-tron s’avère très positive. Son habitacle se modernise dans le bon sens et l’efficience, nettement améliorée, augmente clairement son rayon d’action.
Si les tarifs demeurent élevés, la finition d’entrée de gamme bénéficie du bonus. Ce qui devrait permettre au SUV allemand de rester la locomotive de la gamme électrique d’Audi.

Audi Q4 Sportback e-tron performance :
| Tarif : | À partir de 46 990 € |
| Bonus : | Jusqu’à 6 145 € (selon condition de revenus) |
| Puissance : | 286 chevaux |
| 0 à 100 km/h : | 6,6 secondes |
| Vmax : | 180 km/h |
| Conso. Mixte : | 15,6 à 16,9 kWh/100 km |
| CO2 : | 0 g/km |
| Autonomie WLTP : | 538 à 580 km |
| Autonomie durant l’essai : | 490 km |