
Dernier modèle 100 % électrique du constructeur suédois, l’EX60 avance de sérieux arguments avec, pour commencer, une autonomie record. Test E Car en a pris le volant sur les splendides routes d’Alsace.
Un nouveau venu dans la gamme électrique Volvo
Que ce soit en termes d’éducation, de social, de justice ou d’exemplarité politique, le modèle scandinave arrive régulièrement sur la plus haute marche du podium.
Il va probablement falloir ajouter au tableau de chasse des pays nordiques les performances de leurs voitures électriques avec ce nouveau EX60 qui, comme son patronyme le laisse supposer, vient s’intercaler entre le compact EX40 et le familial EX90 pouvant embarquer jusqu’à 7 personnes.
Reposant sur une nouvelle plateforme SPA3 dédiée aux véhicules à batteries. Ce SUV aux airs de break surélevé revendique des valeurs méritant de s’y attarder.
Autonomie et recharge du Volvo EX60
Lors de la présentation statique à la presse en début d’année. Les journalistes ont été subjugués par les 810 km en cycle WLTP que peut parcourir la version haut de gamme P12 et sa batterie lithium-ion NMC de 112 kWh utiles.
Lors de notre essai, seule la déclinaison intermédiaire de l’offre, la P10, était proposée. Avec un accu de 91 kWh utiles pour 660 km d’autonomie selon le cycle européen WLTP. Ce cœur de gamme est et sera, selon Volvo, le plus diffusé sur notre marché.
Mais au-delà de l’autonomie, le temps de recharge joue beaucoup en faveur du suédois. Oubliez déjà l’idée de vouloir le brancher sur une prise classique car cela vous demandera près de 50 h… En revanche, sur une borne AC d’une puissance de 22 kW, la batterie peut se recharger à 100 % en 4 h 30.
Mieux, sur un chargeur ultra rapide (400 kW), la recharge de 10 à 80 % s’effectue en 16 minutes seulement. Imaginez un arrêt autoroutier, sans la queue aux bornes bien entendu, un tour aux toilettes, un (mauvais) expresso englouti et un petit tour dans la boutique pour acheter un produit local, et votre Volvo repart pour au moins 300 km… sur le papier.
Consommation : des valeurs réalistes
Sur une brève journée d’essai, difficile de jauger, en effet, l’autonomie réelle et de totalement vider la batterie. Mais, sur les plus de 300 km effectués à son volant, à rythme parfois très soutenu, en partant avec une batterie chargée à 92 %, nous avons fini la journée avec 30 % restants et 150 km d’autonomie.
La consommation moyenne affichée était alors de 17,4 kWh/100 km. On peut donc considérer que les 15,7 kWh/100 km annoncés par Volvo semblent atteignables.
Des valeurs rendues possibles par l’architecture 800 V. Mais aussi par un Cx (coefficient de pénétration dans l’air) de seulement 0,26.



Des performances séduisantes et un comportement routier impérial
Avec une masse de 2 350 kg, on aurait pu craindre le pire côté agrément de conduite et performances. Mais avec 510 ch à disposition, inutile de préciser que cet EX60 est un avion sans aile capable d’abattre le 0 à 100 km/h en 4,6 sec. Mais aussi d’offrir des relances spectaculaires lorsqu’il s’agit de dépasser un poids lourd.
Peu sujet au roulis, profitant d’une motricité sans faille grâce à ses quatre roues motrices, le SUV Volvo gîte peu, ne plonge pas au freinage et autorise même des vitesses de passage en courbe très élevées.
Scotché au bitume, le EX60 endigue parfaitement le sous-virage. Il demande simplement de s’habituer à une direction offrant peu de feeling et aux sièges manquant de maintien latéral.


Un SUV électrique premium pensé pour le professionnel
Orienté principalement vers les professionnels (80 % des 1600 premières commandes) attirés par l’absence de TVS, de malus écologique et par la possibilité d’amortir entre 20 000 et 35 000 € sur sa batterie. Le scandinave profite d’un coût d’entretien plus faible que celui d’un équivalent thermique hybride, rechargeable ou non.

Confortable spacieux et ergonomique
Son confort de roulement nous a également séduits grâce à un amortissement piloté prévenant qui digère les grosses comme les petites irrégularités de la chaussée. Quel que soit le rythme de conduite adopté.
Son habitabilité plaide aussi en sa faveur. Son empattement géant (2,97 m) favorise l’espace aux jambes à l’arrière : même les grands voyagent à leur aise.
Et pour une fois, la place du milieu s’avère utilisable… mais moins accueillante, cependant, que les deux sièges latéraux.
Profitant d’un habitacle lumineux et d’une visibilité périphérique généreuse dus aux larges surfaces vitrées. Le dernier-né du constructeur suédois, propriété du géant chinois Geely, dévoile une planche de bord au dessin assez original et fabriquée avec soin.
Dommage, en revanche, que l’ergonomie impose de passer par l’écran central pour… tout régler, rétroviseurs extérieurs et volant compris. C’est malheureusement dans l’air du temps.




Gamme et tarifs
Commercialisé depuis la mi-septembre, le nouveau Volvo EX60 se décline en trois versions.
- P6 (propulsion, 374 ch et 611 km d’autonomie, à partir de 66 500 €).
- P10 (essayée ici, 4×4, 510 ch, 660 km d’autonomie, à partir de 69 500 €)
- P12 (4×4, 680 ch, 810 km d’autonomie, à partir de 75 500 €)
Elles-mêmes assorties de deux niveaux de finition différents Plus et Ultra (6 900 € d’écart pour toutes les motorisations).
Enfin, seul l’EX60 P10 propose une livrée Cross Country à la présentation orientée tout chemin et réclamant 3 000 € de plus.

Verdict :
Bien né, confortable et agréable à conduire, la nouvelle familiale de Volvo fait une entrée remarquée sur le segment des SUV électriques grâce à une autonomie annoncée aussi rassurante qu’alléchante.
Comme ses rivaux allemands, malheureusement, il s’avère particulièrement onéreux…