Stellantis investit 60 milliards d’euros et concentre sa stratégie sur 4 marques clés

Stellantis nouvelle stratégie

Le marché automobile traverse l’une des plus grandes transformations de son histoire. Entre électrification massive, montée en puissance des constructeurs chinois, explosion des coûts industriels et nouvelles attentes des consommateurs, les grands groupes automobile n’ont plus le droit à l’erreur.

Chez Stellantis, l’heure est désormais consacrée à la restructuration et à la montée en puissance. Le géant automobile vient d’annoncer un plan d’investissement colossal de 60 milliards d’euros sur cinq ans avec un objectif clair : regagner en compétitivité, réduire ses coûts et accélérer le développement de nouveaux modèles électriques et hybrides.

Mais derrière cette annonce se cache une stratégie bien plus profonde, avec la réduction des capacités de production en Europe, de nouvelles alliances avec les constructeurs chinois, une priorité donnée à certaines marques et une offensive produit massive. Stellantis prépare une transformation majeure qui pourrait changer l’automobile européenne dans les années à venir.

Peugeot, Jeep, Ram et Fiat deviennent les priorités du groupe

Dans sa nouvelle stratégie, Stellantis a clairement défini les marques qui passeront en priorité pour ces prochaines années.

Le groupe souhaite concentrer près de 70 % de ses investissements automobiles sur quatre marques, dont Peugeot, le généraliste premium du groupe, Jeep, le spécialiste des SUV, Fiat, le leader des citadines fun et accessibles, et enfin Ram, un acteur historique aux US avec sa gamme de grands pick‑up. Ces marques bénéficieront en premier des futures plateformes mais aussi des nouvelles technologies.

L’objectif est simple, miser sur les marques les plus rentables et les plus populaires à l’échelle mondiale.

À l’inverse, et faute de volumes de ventes suffisants, des marques comme DS Automobiles ou Lancia voient leur rôle devenir plus secondaire dans l’organisation du groupe.

Une réduction massive de la production en Europe

Stellantis s’apprête à réduire massivement sa production en Europe, et c’est probablement l’annonce qui fait le plus réagir. Le groupe automobile prévoit de réduire ses capacités de production de plus de 800 000 véhicules d’ici 2030, soit environ 25 % des capacités actuelles.

Le groupe explique que plusieurs usines européennes tournent aujourd’hui largement en dessous de leur capacité maximale. Le but est donc d’améliorer la rentabilité industrielle tout en réduisant les coûts de fonctionnement.

Certains sites seront reconvertis ou réorganisés, comme celui de Poissy en France, tandis que d’autres renforceront leur partenariat industriel, notamment à Madrid, Saragosse ou encore Rennes.

Stellantis affirme vouloir préserver l’emploi autant que possible. Mais cette restructuration montre aussi à quel point la transition vers l’électrique pousse les constructeurs à revoir entièrement leur organisation.

Stellantis usine de production

Une offensive électrique avec plus de 60 nouveaux modèles

Pour relancer sa croissance, Stellantis prépare une énorme offensive produit. Le groupe annonce pas moins de 60 nouveaux modèles, près de 50 restylages majeurs, ainsi qu’une accélération importante des cycles de développement.

Stellantis veut désormais raccourcir les temps de développement des nouveaux modèles en seulement 24 mois. Contre 40 mois à l’heure actuelle.

Ces futures générations de véhicules comprendront pas moins de 29 modèles 100 % électriques, 15 hybrides rechargeables ou électriques à autonomie étendue, 24 full hybrides, ainsi que plusieurs modèles thermiques avec micro-hybridation.

Pour soutenir cette montée en puissance, le groupe Stellantis veut aussi rationaliser sa production autour de trois grandes plateformes techniques, dont la nouvelle architecture STLA One qui équipera une grande partie des futurs véhicules du groupe, des citadines du segment B jusqu’aux grands SUV du segment D.

Nouvelle plateforme du groupe Stellantis

Les partenariats chinois prennent une place stratégique

Autre évolution majeure et pas des moindres, le rapprochement de Stellantis avec plusieurs constructeurs chinois.

En effet, le groupe va renforcer son partenariat avec Leapmotor, qui produira certains modèles directement dans les usines espagnoles de Madrid et Saragosse.

Avec Dongfeng Motor Corporation, Stellantis prévoit également de fabriquer des futurs modèles Peugeot et Jeep en Chine. Ces derniers seront destinés aux marchés internationaux.

L’entreprise va multiplier les partenariats technologiques avec Nvidia, Qualcomm, Mistral AI, CATL, Wayve ou encore Uber. L’objectif est d’accélérer le développement des logiciels embarqués, de la conduite autonome, à l’intelligence artificielle jusqu’aux batteries de nouvelle génération.

Le retour de la Citroën 2 CV

Citroën a officiellement confirmé le retour de la mythique 2 CV, en version 100 % électrique. Après des années de rumeurs et d’hésitations, la marque aux chevrons assume pleinement sa nouvelle orientation néo-rétro, et compte bien réitérer le succès de la Renault 5. Le premier teaser présenté lors de la conférence de presse permet d’observer plusieurs éléments directement inspirés du modèle originel. On pense notamment à la silhouette arrondie de la « Deudeuche », mais aussi à ses phares circulaires.

Mais derrière ce design chargé d’histoire, la future 2 CV sera bel et bien un véhicule de notre époque. Elle reposera sur une nouvelle plateforme électrique développée avec des partenaires chinois dans le cadre du projet « E-Car ». Ce dernier équipera des voitures électriques accessibles et simples à concevoir.

Le modèle de série devrait être dévoilé courant 2028. Pour nous faire patienter, une étude de style sera présentée au Mondial de l’Automobile de Paris en octobre prochain. La future 2 CV sera produite en Italie aux côtés de plusieurs modèles compacts du groupe Stellantis, dont la prochaine génération de la petite Fiat Panda.

Citroën annonce déjà un tarif de base en dessous de 15 000 €. Un positionnement ultra compétitif pour une voiture électrique européenne. L’objectif est clair : démocratiser une nouvelle fois l’électrique tout en capitalisant sur le retour de la madeleine de Proust de l’automobile française.

Citroën 2CV future génération

L’avenir de Stellantis

Avec ce plan estimé à 60 milliards d’euros, Stellantis se lance dans l’une des transformations les plus importantes de son histoire. Le groupe veut devenir plus efficace, plus rentable et surtout mieux armé face aux constructeurs chinois qui ne cessent de gagner du terrain.

Mais cette stratégie s’accompagne aussi de nombreux risques. Notamment celle de la réduction des capacités industrielles européennes, la dépendance croissante aux partenariats asiatiques mais aussi une pression énorme sur la rentabilité des futures voitures électriques.

Une chose est sûre, les prochaines années seront décisives pour Stellantis et pourraient redéfinir l’équilibre du marché automobile mondial.

Stellantis logo

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