Essai Seat Ibiza FR TSI 150 : la dernière des Mohicans

La petite Seat qui fait de la résistance

Dans un monde automobile qui semble avoir juré fidélité à l’électricité, la Seat Ibiza FR 1.5 TSI 150 fait figure de rebelle. Alors que ses concurrentes se transforment en SUV haut perchés ou en tablettes tactiles sur roues, l’Espagnole persiste et signe sur le segment B avec une recette que l’on pensait en voie d’extinction. Une berline polyvalente, thermique, légère et dotée d’un « vrai » moteur quatre cylindres.

Nous sommes ici face à la version haute FR, généreusement optionnée, qui tente de prouver que le plaisir de conduire une citadine dynamique pour un tarif (encore) accessible n’est pas qu’un souvenir nostalgique. L’objectif est simple : peut-elle encore regarder les hybrides et les électriques dans les yeux sans rougir de son échappement ?

Toujours jeune, toujours affûtée

Malgré plusieurs années de carrière, l’Ibiza ne semble pas vouloir vieillir. La recette stylistique espagnole, faite de lignes tendues et de triangles acérés, reste efficace. Avec son regard agressif souligné par une signature lumineuse LED incisive, elle conserve ce « sex-appeal » latin qui manque à sa cousine germanique, la Polo.

Côté gabarit, l’Ibiza reste une « vraie » citadine européenne. Avec 4,06 m de long pour 1,78 m de large, elle ne souffre pas de gigantisme aigu. Elle se faufile dans les parkings souterrains les plus hostiles avec la grâce d’une ballerine, là où les SUV modernes manœuvrent comme des porte-avions. C’est compact, c’est affûté, et ça n’en fait pas trop : le look sportif est suggéré sans tomber dans le tuning.

Le pack complet SVP !

Pour notre modèle d’essai, Seat a sorti le grand jeu avec le Pack FR PLUS (1 255 €). Outre le Digital Cockpit à l’intérieur, ce pack offre à l’Ibiza des jantes de 18 pouces « Performance » qui remplissent généreusement les passages de roues. Le Pack Rider (1 005 €) vient parfaire la dotation avec le Full LED, l’accès mains libres et un plancher de coffre amovible bien pratique.

On note les vitres surteintées et les rétroviseurs rabattables électriquement qui ajoutent un aspect statutaire. Petit bémol : les deux sorties d’échappement noires sont factices. C’est la mode, paraît-il, mais on ne peut s’empêcher de sourire devant ce petit artifice cosmétique.

Le bon vieux 1.5 TSI

Sous le capot, on retrouve une vieille connaissance du groupe Volkswagen : le 1.5 TSI de 150 chevaux et 250 Nm de couple. Ici, pas de micro-hybridation, juste de l’ingénierie thermique bien sentie avec un stop and start basique (que l’on peut déconnecter). Ce bloc quatre cylindres est un modèle de souplesse.

Il reprend bas, grimpe avec une certaine allégresse sans jamais donner l’impression de s’essouffler, et s’associe à merveille avec la boîte DSG à 7 rapports. Certes, ce n’est pas un moteur de course qui vous fera dresser les poils sur les bras, mais il est volontaire, sérieux et surtout, il ne donne jamais cette sensation de frustration que l’on ressent avec les petits trois cylindres qui hurlent leur peine dès qu’on sollicite la pédale de droite.

Seat Ibiza moteur

Logique et pragmatisme à bord

Avec environ 355 litres, le volume de coffre est dans la moyenne haute du segment. La forme bien carrée facilite le chargement des courses hebdomadaires ou les bagages d’une petite famille pas trop encombrée. La banquette se rabat classiquement en 1/3 2/3 pour libérer jusqu’à 1 165 litres, ce qui figure dans la bonne moyenne du segment.

Aux places arrière, le bilan est honnête et deux adultes de taille moyenne y voyageront convenablement. La place du milieu est, comme souvent, étriquée. Si l’assise est correcte grâce à l’absence d’accoudoir, le tunnel central est imposant. Il faudra demander au passager central de pratiquer le grand écart pour poser ses pieds.

À l’avant, la sellerie FR offre un maintien latéral très appréciable. La position de conduite est basse, naturelle, et le Pack Hiver (255 €) avec sièges et volant chauffants seront appréciés par les montagnards.

Finition et multimédia, du Volkswagen bien cadré

L’intérieur est sérieux, presque austère. Les plastiques sont majoritairement durs, et quelques craquements de mobilier peuvent se faire entendre. Mais dans cette catégorie, personne ne fait réellement mieux à ce prix. L’ergonomie est un vrai point fort de l’Ibiza. Ici, on ne cherche pas les commandes de clim dans un sous-menu au fond d’un écran. C’est simple, logique et ça se manipule à l’instinct.

Le système multimédia du Pack FR PLUS fait le job. L’écran tactile est réactif et Apple CarPlay ou Android Auto fonctionnent sans accroc. Pour les mélomanes, l’option Seat Sound System (505 €) avec son subwoofer de 300 W est recommandée pour couvrir les bruits de roulement parfois envahissants, surtout avec les pneus sport…mais nous y reviendrons sur autoroute. 

La ville comme terrain de jeu

En milieu urbain, l’Ibiza est comme un poisson dans l’eau (ou plutôt une Seat dans Barcelone). Avant même de démarrer, on apprécie particulièrement les raccourcis au volant pour désactiver les alertes les plus intrusives comme l’alerte de franchissement, de survitesse ou le freinage automatique d’urgence. Avec son diamètre de braquage de 10,6 m, elle virevolte.

Les aides au parking et la caméra de recul compensent une visibilité arrière parfois entravée par les montants massifs. Le moteur est discret à faible charge, et la gestion de la coupure de deux cylindres sur quatre est imperceptible pour le conducteur. C’est fluide, la boîte DSG ne donne aucun à-coup, et on se surprend à apprécier cette agilité que les gros SUV ont oubliée depuis longtemps. L’amortissement se révèle un peu ferme mais pas raide comme un skateboard. 

Seat Ibiza conduite en ville

Sur la route, une citadine dynamique

Une fois sortie des murs de la cité, l’Ibiza FR révèle son tempérament. Avec un 0 à 100 km/h expédié en 8,1 secondes, elle ne vous décollera pas la rétine comme une Tesla, mais les reprises sont franches et sécurisantes. Le poids contenu (1156 kg à vide) est le secret de son agilité. La direction est précise, offre un bon ressenti et un rappel naturel qui donne confiance. Le châssis est sain, le roulis est parfaitement maîtrisé et le comportement est globalement très équilibré.

C’est ferme, certes, surtout avec les jantes de 18 pouces qui vous informent de la moindre crevasse, mais jamais inconfortable. Le freinage est mordant et facile à doser (merci les disques à l’arrière, de série dès 115 ch), même s’il avouera ses limites en endurance lors d’une descente de col un peu trop optimiste. Ce n’est pas une pure GTI, mais l’une des citadines thermiques les plus plaisantes à mener aujourd’hui.

Seat Ibiza conduite dynamique

Sur autoroute, plus à l’aise qu’on ne le croit

Sur le ruban d’asphalte, l’Ibiza ne se démonte pas. À 130 km/h, le moteur ronronne à 2500 tr/mn en 7ème, ce qui permet d’abaisser son niveau sonore. Il reste cependant assez audible et rappelle qu’une voiture thermique reste toujours plus bruyante qu’une électrique.

Si les sifflements d’air sont très bien contenus, le bruit de roulement des pneus sport vient perturber la quiétude à bord. Pour de longs trajets, les jantes de 16 ou 17 pouces seraient sans doute plus sages, au détriment du style sportif. Côté sécurité, le Pack Driving Assist XL (780 €) transforme la petite Seat en mini-routière. Régulateur adaptatif, maintien dans la voie et surveillance des angles morts veillent au grain

Seat Ibiza sur autoroute

Consommation et autonomie, ses gros points forts

C’est ici que l’Ibiza enfonce le clou face aux électriques. Sur un parcours mixte de 1 200 km, nous avons enregistré une moyenne réelle de 7,4 l/100 km. Sur autoroute stabilisée, on descend à 7 litres, et les plus économes pourront chatouiller les 6,5 l/100 km.

Même en conduite sportive « plaisir », la consommation reste raisonnable autour de 9,3 litres. Avec un réservoir de 40 litres, l’autonomie oscille entre 500 et 600 km. De quoi traverser la France sans planifier ses pauses en fonction des bornes de recharge capricieuses.

Prix et conclusion

L’Ibiza commence à 21 600 € avec le petit bloc de 80 ch, mais notre version FR 150 ch s’affiche à 30 115 € hors options. C’est une somme, certes, mais Seat propose régulièrement des remises massives qui ramènent la facture à un niveau bien plus digeste. Ce qui rend la petite espagnole compétitive face à ses concurrentes hybrides comme la nouvelle Renault Clio de 160 ch ou la Toyota Yaris Hybrid

Conclusion : Simple, efficace et en voie de disparition, la Seat Ibiza FR 150 est une excellente voiture. Elle offre un moteur performant, un châssis réussi et un équipement complet dans un format compact. C’est l’alternative idéale pour ceux qui ne sont pas encore prêts pour l’électrique ou qui trouvent les hybrides trop complexes et aseptisées.

Elle n’est peut-être pas la plus moderne dans ses technologies de pointe, mais elle possède ce petit supplément d’âme et de simplicité qui se fait rare. Profitez-en, car des citadines de ce calibre, il n’y en aura bientôt plus.

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